Edito


Edito n°116

PDF - 141.6 ko

Le 17 octobre dernier, nous étions près de 10 000 femmes et hommes dans les rues de la capitale pour exiger une réelle égalité entre nous. Cette égalité, nous ne l’obtiendrons que si nos aspirations sont respectées. Pendant que nous marchions sous la pluie, la tête au frais mais le coeur au chaud, un million d’espagnols étaient réunis contre la libéralisation de l’avortement. De quoi nous glacer le sang. La liberté de disposer de nos corps et de choisir de mettre au monde un enfant ou pas, reste le droit fondamental le plus difficile à faire accepter dans le monde, et pas seulement dans les milieux réacs ! Depuis quelques semaines, nous déplorons la fermeture de deux structures pratiquant des IVG à l’hôpital public, Tenon à Paris, Jean Rostand à Ivry pendant que le centre IVG d’Avicenne à Bobigny et l’unité fonctionnelle planification-ivg des Bluets sont menacés. Bien sur, on nous parle de restrictions budgétaires, de mutualisation, de rentabilité, mais ne nous trompons pas : ces ajustements par la forme servent une politique organisée sur le fond, une arme de destruction massive de l’autonomie des femmes. Que ceux qui acceptent d’être les petites mains de ce retour à l’ordre moral ne se méprennent pas, ils ne leurrent personne et notre détermination à défendre nos libertés sera à la hauteur de leurs attaques.

Au fil des pages, des femmes sont venues nous parler de leurs actions contre l’intégrisme, pour le maintien du droit à l’IVG et pour l’abolition de la prostitution. Leurs combats convergent. La raison profonde qui les oblige à lutter sans répit depuis plusieurs décennies est celle de la promotion sociale de la « domination masculine », qui est aussi le titre du très bon film de Patric Jean, sur les écrans le 25 novembre prochain à l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes.

17 octobre 2009 - 16 h 30. Je garde entre autres images de la mobilisation, celle de cette militante féministe trempée mais déterminée qui criait à pleins poumons : « Ni burqa, ni voile, ni soumission, ni honte, ni prison, nous sommes fières d’être des femmes libres ». Qu’on se le dise, nous n’accepterons jamais que nos filles vivent plus mal que nous.

Carine Delahaie






copyright photos CLARA magazine|site propulsé par SPIP 1.9.2c|syndication site RSS